La semaine dernière notre ministre nous a adressé une jolie lettre au sujet de la refondation, lettre que vous pouvez lire ici

la lettre du ministre

Juste parce que ça fait du bien à lire , le lien vers cet article paru dans le Nouvel Observateur .

Le Ministre rend sa copie.

Commentaires d'un invisible de base

Monsieur le Ministre, j'ai reçu un peu tard votre belle copie et comme c'est la coutume dans notre maison, je m'empresse de corriger votre devoir avec la célérité qui sied à notre profession. Avant d'aborder le contenu, attardons-nous sur la forme. Votre rédaction a mis bien du temps à arriver jusqu'à ma modeste boîte à courriels. Les arcanes de la hiérarchie sont ainsi faites que ce que vous écrivîtes le 6 décembre ne me parvint que le 12 du même mois. Autre petit détail, cette fameuse date tamponnée en haut de votre missive me choque tout autant qu'elle démontre le mépris dans lequel vous me tenez. J'eusse apprécié qu'elle fût écrite de votre propre main !

Quant à votre trace manuscrite finale, elle ne dissipe pas la mauvaise impression initiale. Votre écriture est négligée, votre adverbe final bâclé, comme si vous en aviez déjà assez de perdre votre temps pour des êtres si subalternes. Enfin, pire que tout, vous qui représentez censément la plus noble institution de notre nation, vous ignorez l'usage de la majuscule classique. J'en suis désolé …

 Laissons-là ces remarques liminaires et examinons le lexique que vous employez ou validez de votre signature. Les mots ont leur importance dans l'enseignement bien plus qu'en politique où il semble qu'ils perdent de plus en plus de leur valeur. Ne soyez donc pas surpris de mes réactions, elles s'inscrivent dans un souci de précision qui a depuis longtemps déserté la langue des hauts fonctionnaires.

 Je vous fais grâce de ce « majeure » (étape majeure) qui ne me paraît pas judicieux quand on évoque nos chers petits. Il eut été plus élégant de lui préférer « décisive » ou « déterminante » ou encore « fondamentale » mais hélas ces adjectifs échappent à la triste réalité de votre action à venir. C'est votre « refondation » qui dès la seconde ligne m'irrite et m'exaspère. D'abord il sent le réchauffé avec ce préfixe qui ne me dit rien qui vaille et il complète un mot qui fleure bon le génie civil ou la maçonnerie. Notre école mérite bien mieux que ce terme exécrable !

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Merci à toi invisible